La colère
On avait attaqué Saint-Georges de Lévéjac !

Comment était-il possible que des brigands osent ce forfait ?
Enguerrand était en colère !
Dans la journée comme d'habitude, ses compagnons étaient venus le chercher. Après une partie de chasse, ils passèrent la soirée d'auberge en auberge près de La Canourgue.
Rien ne laissait présager le drame !
Les villageois s'étaient bien défendus, personne n'avait été tué.
Mais lui Enguerrand le seigneur et chevalier avait manqué à son devoir.

La piste des bandits, était claire,
ils ne prenaient aucune précaution pour la brouiller.
Il n'aurait aucune pitié et malheur à qui se trouverait sur sa route.
Il n'avait jamais connu une telle fureur.
Vengeance, toute son âme criait vengeance.
Les traces le menaient sur Sainte Enimie.
Au fur et à mesure qu'il progressait, il se sentait grossier, lourd,
sa haine l'aveuglait.
Il décida de laisser son cheval et d'approcher se qu'il pensait être le repère des voleurs par la source de Burle.

Une voix provenait de la source, ce ne pouvait être qu'eux, les scélérats !
L'affrontement serait brutal :
il surgirait des fourrés et en finirait, là, maintenant !
Il s'élança, tel le diable venant chercher son tribut...


" Et bien chevalier ne vous gênez pas "
Enguerrand recula stupéfait...

les paroles cristallines de la jeune femme résonnaient,
de nouveau face à lui elle apparut !
"ne me touchez pas , je vous en supplie ne me touchez pas"

Les buissons semblaient s'enflammer sur son passage,
son corps ondulait délicatement, et paraissait éffleurer le sol.
" Par pitié, ne me touchez pas"
Enguerrand sortant de son étonnement lui répondit :
" N'ayez crainte, je ne vous ferai aucun mal,
je poursuivais des bandits, par mégarde et stupidité,
je vous ai importuné pendant votre bain ".

Au contact de la jeune fille,
Enguerrand eu la sensation que sa colère disparaissait progressivement pour laisser place, à un sentiment étrange qu'il n'avait jamais connu !

